Islande : Découvrir la partie nord en totale autonomie

Par Yohan TerrazaTeam TDMLe 21 01 2016

Tout le monde a le sentiment de connaître l’Islande sans pour autant y être allé. Ô combien à la mode, les réseaux sociaux fleurissent de photos du pays, souvent les mêmes coins, connus de tous.

Des tours bus vous emmènent au pied des glaciers, des tours-opérateurs vous prévoient un voyage sur mesure pour apprécier les plus beaux spots du pays, bref, il y en a pour tous les gôuts…

Mais certains, dont je fais partie, préfèrent la solitude et l’autonomie totale… ce qui n’empêche d’ailleurs pas de voyager à plusieurs. Et il faut bien avouer que malgré les milliers de photos que l’on peut voir sur l’Islande, vivre le pays est bien différent !

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En effet, voyager seul en Islande et à pied requiert une certaine préparation, ainsi que du matériel spécialisé… Alors en avant pour les conseils !

Comment s’y rendre ?

Depuis Paris il y a beaucoup de vols réguliers vers Reykjavik et son aéroport international : Keflavik. Comptez 3h de vol. Pour tous les vols intérieurs, il vous faudra changer d’aéroport pour celui de Reykjavik, à proprement parler, qui se situe à 50km de là. Pour cela, il suffit d’acheter un billet pour la navette qui vous y conduit. Profitez-en pour savourer le dépaysement qu’offre la route : paysage rude et pelé, chaine de montagne au loin, plaques de neige. L’Islande n’est pas tendre en hiver, pas plus qu’en été mais c’est tout ce qui fait sa force et sa beauté.

Depuis Reykjavik Airport, prenez un vol pour Akureyri, au nord du pays. Vous monterez à bord d’un petit avion d’une cinquantaine de places, rarement plein et à hélices pour un vol de 45mn au-dessus des terres du pays… Magique et très instructif.

Quels paysages ?

L’Islande se présente sous la forme d’un immense plateau central traversé par quelques pistes entourées de paysages volcaniques sans forêts et lacérés de rivières et de roches.

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Partant d’Akureyri, vous longerez la baie pour vous enfoncer dans les terres pendant une bonne trentaine de kilomètres sur du bitume classique…  Pas le départ rêvé pour un trek ; aussi je vous conseille de gagner le début de la piste pour les 4×4, là où les voitures classiques ne passent plus. Il suffit pour cela de continuer bêtement vers le sud et d’apprécier les reliefs qui se dessinent de plus en plus autour de vous.

Et si comme moi, vous avez la chance de tomber sur un islandais vous proposant de vous y amener c’est encore mieux, vous aurez ainsi la chance de bavarder et d’échanger avec un habitant de la région et d’en apprendre un peu plus sur ce beau pays !

Les paysages verts et bruts du début du trek feront place à mesure que vous monterez en suivant la piste à de la roche relativement verte, puis de la rocaille marron et brune. Ici l’empreinte volcanique se ressent de plus en plus à mesure que l’on grimpe.

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Une fois sur le plateau, le sol devient alors meuble et sombre, la vue s’étire à l’infini et le ciel change à chaque seconde… pour peu qu’il ne pleuve pas car oui, même en été, la pluie est assez présente et le climat extrêmement changeant !

Vous pouvez donc avoir toutes les saisons en quelques heures et ce tous les jours. Pas de quoi se lasser donc. Le vent fait aussi ici son office et est parfois assez violent… mieux vaut être prévenu !

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Un parcours en particulier ?

Depuis la ville d’Akureyri, vous pouvez suivre la route F821 qui descend à travers le pays. Au croisement avec la piste F752, arrêtez vous au refuge de Laugafell où vous pourrez apprécier une piscine extérieure chauffée (vive la géothermie !) ainsi qu’un toit et des couchettes confortables. Comptez environ 40€ pour une nuit sous un toit. Sinon vous pouvez aussi y camper et profiter des commodités (douches, toilettes, piscine) pour 12€ environ.

Après ce repos bien mérité, suivez la piste F752 direction Est jusqu’à croiser la piste F26 pour remonter au Nord et finir au lac de Mivatn.

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Comptez environ 8 à 10 jours de marche pour ce périple si vous souhaitez prendre votre temps et si vous n’êtes pas trop entrainés.

Vous traverserez alors une Islande immense, verte puis rocailleuse, vous verrez glaciers, neige, lacs, un horizon qui s’étire à perte de vue, des couleurs ocres et sombres, traverserez rivières, paysages embrumés et aurez l’impression de marcher sur Mars et sur la Lune.Véridique.

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Quel matériel ?

Une règle est à prendre en compte avant tout autre, dès que l’on parle de matériel pour un trek ou une randonnée : ne jamais rechigner sur la qualité. Évidemment, le prix va s’en ressentir mais il s’agit de votre confort et de votre sécurité. Quand on ne connait pas bien les marques et ses besoins, le mieux est d’aller dans des magasins spécialisés du type Vieux Campeur ou Sport Aventure où des vendeurs qualifiés pourront vous conseiller.

En bref, il vous faudra :

  • Un sac à dos. Il doit pouvoir contenir suffisamment d’affaires même si évidemment tout dépend de la durée de votre séjour. Un sac de 50 litres est suffisant pour un trek en été en Islande.
  • Le duvet est évidemment important. Je conseille le duvet en plumes d’oies et adapté à votre taille. Personnellement, j’ai un Pyrenex -33° et j’en suis ravi.
  • Le tapis de sol. Il fait office d’isolant. N’oubliez pas que c’est avant tout par le sol que vous perdez de la chaleur ! Il doit également être suffisamment épais (3cm suffisent en général une fois gonflé) pour votre confort nocturne.
  • Bien que vous puissiez suivre la piste, si vous souhaitez la quitter, un GPS de randonnée vous sera indispensable. L’Islande est un pays imprévisible qui compte chaque année des personnes disparues.
  • La nourriture est à acheter en France avant votre départ (elle est bien trop chère en Islande). Achetez du lyophilisé de bonne marque et varié. Avec ce type de produits, il n’y a que des avantages : poids, gouts variés (et souvent très bons), repas chauds et bon pour le moral… surtout après une bonne journée de marche !
  • Un Jetboil (un réchaud amélioré). C’est avec ça que vous ferez bouillir votre eau pour votre nourriture, votre café ou ce que vous voudrez. Cela sert également de gamelle et accessoirement de réchauffe-mains. Achetez les recharges de gaz à la ville d’Akureyri avant le début de votre trek car il vous sera a priori impossible d’en acheter plus tard…. Et qui dit pas de gaz, dit pas de nourriture !
  • Un sur-pantalon en kway ainsi qu’un bon poncho seront vos meilleurs amis non seulement comme isolant mais évidemment contre les pluies parfois à répétitions.
  • Vos chaussures doivent être “respirantes” et étanches. Ne prenez pas de chaussures de rando basses, uniquement des montantes ! Elles vous protègeront les chevilles et vous éviteront entorses et autres désagréments.
  • Une veste isolante en double (voire triple) couches. Un vendeur spécialisé saura vous conseiller.
  • Durant votre trek, il vous faudra traverser des guets. Autant certains pourront facilement s’enjamber sans avoir à se déchausser, autant il faudra mettre les pieds dans l’eau pour d’autres. Alors le mieux, prenez des chaussons de plongée, même au premier prix pour éviter de vous blesser car là où l’eau monte jusqu’aux genoux voire plus haut, pas le choix, il vous faudra y aller. L’eau étant à 2° environ, ne vous inquiétez pas, vous n’y resterez pas longtemps !
  • Des bâtons de marche sont là aussi indispensables. Ils soulagent vos jambes et vous équilibrent pour la traversée des guets.
  • Certaines zones marécageuses du pays sont un vrai nid à moustiques. Alors n’oubliez pas d’acheter des moustiquaires à poser sur votre casquette ou votre chapeau.
  • Une petite trousse de soins ne sera également jamais de trop.
  • Une tente légère avec une bonne colonne d’eau (pouvant vous protéger en cas de fortes pluies).
  • Veste polaire, pull en laine, voilà de bons compagnons de route !
  • Des poches à eaux peuvent aussi être nécessaires. Contrairement à ce que l’on pense, vous pouvez traverser des endroits/régions sans trouver de points d’eaux. Pensez à remplir quelques litres supplémentaires dès que vous le pouvez, surtout dans le nord du pays moins riche en lacs et rivières.

Je passe évidemment sur les indispensables, pull, bonnet, gants et lampe torche bien qu’en été la nuit soit plus que timide.

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Conseils en vrac ?

Été comme hiver, l’Islande est un pays froid. Gardez cela en tête. Après tout, vous n’êtes qu’à 500km du Groenland ! Le meilleure saison pour un trek reste évidemment l’été mais j’insiste encore sur le fait qu’il fait froid et que le vent peut souffler très fort.

Si vous n’êtes pas sportifs, il faudra réveiller votre corps avant le départ. Marchez, courrez, bougez votre corps de manière régulière. Les premiers jours de marche sont toujours difficiles, même pour les plus sportifs. Restez humbles face à cette nature et à vos capacités en début du trek, rien n’est impossible dès lors que vous aurez trouvé votre rythme !

Prévoyez votre trajet sur une carte qui ne vous quittera plus. Un GPS ne fait pas tout et peut tomber en panne ! Concernant la couverture téléphonique, elle est très faible voire inexistante. Cependant les Islandais ont eu la bonne idée de poser quelques petites antennes relais çà et là, et vous pourrez passer quelques appels sans trop de problèmes… Oubliez par contre Instagram et autres réseaux sociaux.

Appréhender son sac les premiers jours peut être assez difficile. Bien évidemment, plus il est léger, mieux c’est. Aussi je vous conseille 4 combinaisons différentes de vêtements mais pas plus (4 caleçons, 4 paires de chaussettes, etc…) !

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Et le mot de la fin : PROFITEZ !

 

Photos de Yohan Terraza pour TDM.

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A propos de l'auteur

Cet article a été proposé par Yohan Terraza

Du haut d'une montagne, sur les plateaux norvégiens battus par les vents ou bien lors de l'effervescence d'un mariage, la manière reste la même : la suggestion et le passionnel.Pourtant, je ne suis pas un passionné de photographie ; je suis passionné de ce qu'elle me fait vivre. J'aime le froid, le silence, la montagne et les spectacles naturels. J'aime partager et j'ai besoin de le faire. J'aime photographier le Mariage ou prendre le temps de faire un portrait. J'aime me perdre en pleine nature pour tenter de lui rendre hommage, j'aime la nuit et les étoiles qui ne s'en privent pas pour parader. J'aime jouer des solos de guitare depuis que j'ai 15 ans. J'aime écrire des récits et des poèmes, et j'aime les chats. J'adore les films qui parlent de cheminement personnel sans vous écraser d'une morale aseptisée de généralisme. Je n'aime pas l'avion, ni Ben Stiller, ni la variété française ou les personnes écoutant de la variété française dans un avion. Je suis sportif, je ne fume pas mais je ne suis plus si sage, ayant largement fait le deuil de l'âge de raison depuis ma naissance.
Yohan Terraza, 16 voyages et 16 pays au compteur, a signé 2 articles et 1 avis d'hotels sur TDM.
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