France : Balade dans le Lot

Par Chloé DecruyTeam TDMLe 12 05 2020

Cet été 2020 ne sera pas un été comme les autres. Crise sanitaire mondiale oblige, pas de destinations exotiques pour les vacances. Mais, n’est-ce pas alors le moment de (re)découvrir notre France, le plus beau pays du monde ? Parce qu’avec toutes ses régions tellement variées en terme de paysages, de culture et de gastronomie, il y a véritablement de quoi faire sans subir de décalage horaire.

Et pour cette balade en France, direction le Lot. A seulement 1h30 de Toulouse se trouve le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, qui regorge de beautés naturelles, architecturales et de spécialités gastronomiques.

L’été dernier, afin de fuir la foule des bords de mer, nous avons décidé de découvrir le sud du Lot. Cette région, voisine de la métropole toulousaine, nous a surpris par ses nombreux attraits : que ce soit par ses paysages grandioses, son architecture étonnante ou encore ses tables gourmandes !

Une parenthèse de calme et de vert pour des vacances reposantes au fil de l’eau… Venez, on vous emmène.

Saint-Cirq-Lapopie :

J’ai céssé de me désirer ailleurs” disait André Breton à propos de Saint-Cirq-Lapopie.

Nous avions choisi comme “camp de base” Saint-Cirq-Lapopie, bien connu (au moins de nom) puisqu’il fait parti des très recherchés “Villages Préférés des Français”.

Véritable bijou architectural, avec ses maisons construites sur un piton rocheux et son château majestueux, Saint-Cirq-Lapopie domine la rivière du Lot. Les maisons étroites faites d’un mélange de pierres du Quercy et de colombages, ont également la particularité d’avoir des toits très pentus recouverts de tuiles plates. Au moyen-âge, Saint-Cirq-Lapopie était une place forte où les différents seigneurs de l’époque se partageaient la ville.

De nombreux artisans faisaient alors vivre le commerce de cette ville riche tels que les peaussiers, les chaudronniers, mais également des tourneurs sur bois. Pour l’anecdote, l’industrie du bois apparaît au XVème siècle lorsque l’on s’aperçoit que le bois de Causse est parfait pour la fabrication notamment des robinets des tonneaux à vins, acheminés ensuite en gabarres (bateaux de transport fluviaux à fond plat) sur le Lot, jusqu’à Bordeaux.

A savoir : on ne peut accéder au village qu’à pied, plusieurs parkings étant situés en haut ou en bas du village. Ils sont payants (4 € de fin Mars à mi-Novembre).

Sa renommée en fait bien sûr un village très touristique, il y a donc beaucoup de monde en plein été. C’est un village fait tout en pente et en montée, nous vous conseillons donc de mettre de bonnes chaussures pour éviter de glisser sur les pavés. L’architecture superbe, les petits jardins fleuris derrière les murets en pierres… à chaque coin de rue, c’est un régal pour les yeux et pour faire de superbes photos !

Pour la visite, chez TDM, nous vous conseillons de monter au fort de Saint-Cirq-Lapopie, vestige des châteaux des trois familles qui cohabitaient sur le rocher de la Popie. Vous y découvrirez un panorama à couper le souffle sur la vallée du Lot ! En redescendant, prenez le temps de déguster une glace artisanale sur la place principale du village, ou déguster un verre de malbec à l’ombre des grands arbres. Petit plus, pour ceux qui sont accompagnés de leur petits bouts : un manège très old school qui les récompensera de la montée au fort !

Néanmoins, si le village est à visiter sans conteste, il est aujourd’hui tellement touristique que l’on dirait un village-musée, et qu’il manque un peu d’authenticité, puisqu’il n’y a plus que des restaurants et des boutiques souvenirs…

Bouziès et le chemin de halage :

En descendant un peu le Lot, vous arrivez au tout petit village de Bouziès, qui est aujourd’hui essentiellement un port pour le départ des bateaux touristiques qui remontent la rivière, afin de faire découvrir la région comme autrefois, au fil de l’eau.

En effet, du Moyen-Age au XXème siècle, la rivière du Lot était utilisée comme moyen de transport pour acheminer les marchandises de et vers Bordeaux. Les bateaux à fond plat utilisés sont donc ces fameuses gabarres, tirés par des animaux de trait (et parfois des hommes) sur le chemin de halage qui longe la rivière.

Entre Saint-Cirq-Lapopie et Bouziès, la falaise tombe à pic dans le Lot. Les hommes ont donc du creuser la roche pour permettre leur passage par la berge… Un véritable travail de titan !

Pour découvrir le chemin de halage, plusieurs possibilités :

  • Ceux qui préfèrent marcher peuvent remonter le chemin de halage à pied : Bouziès – écluse de Ganil : A/R 3km – 45 min. Ou Bouziès – St-Cirq-Lapopie : A/R 8km – 2h
  • Ceux qui souhaitent vivre l’expérience comme autrefois : visite commentée en gabarre depuis le port fluvial de Bouziès (A/R ou aller en bateau et retour à pied depuis Saint-Cirq-Lapopie)

La vallée du Célé :

Peu connue et pourtant grandiose dans ses paysages, la vallée du Célé (affluent du Lot qui s’y jette au niveau de Bouziès), vaut à elle seule le détour !

En effet, un passage par la vallée de Célé vous permettra d’enrichir votre découverte de cette belle région qu’est le Lot avec des balades aux vues panoramiques, des baignades en rivière ou un descente en canoë…

En prenant la route en direction de Bouziès depuis Saint-Cirq-Lapopie, tournez à droite juste avant d’y arriver et prenez la petite route qui remonte la vallée du Célé en direction de Figeac.

Premier arrêt à Cabrerets pour découvrir la grotte de Pech Merle. Si la grotte n’a rien de spectaculaire en soi, ce qui est particulièrement émouvant c’est d’observer les peintures rupestres dont elle est ornée, en sachant que ce ne sont pas des reproductions, mais bien les originales, peintes par nos ancêtres, il y a quelques 20 000 ans !

Attention : le nombre de visiteurs par jour est limité, et mieux vaut acheter ses billets directement sur leur site afin d’être sûr de pouvoir visiter (en haute saison, prévoir plusieurs jours d’attente).

Un peu plus haut en remontant la rivière, découvrez Sauliac-sur-Célé. Bon spot de baignade pour les familles, et départ de nombreuses balades qui montent sur le Causse et vous offre des points de vue superbes !

En continuant, vous arriverez à un village un peu plus grand : Marcilhac-sur-Célé. Étape du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, sa rue principale est bordée de petits restos et de gîtes d’étapes. Perdez-vous dans les ruelles et découvrez l’ancienne abbaye fortifiée.

Encore plus haut dans la vallée se trouve le village de Saint-Sulpice et ses maisons accrochées sous un encorbellement de falaises. Là encore, une très belle balade vous mène jusqu’à un superbe belvédère.

Dernier village qui vaut d’être visiter en remontant le long du Célé : Espagnac-Sainte-Eulalie.

Lové au creux d’un méandre du Célé, Espagnac Ste-Eulalie a conservé la quiétude de son ancien prieuré de Val Paradis couronné d’un clocher exceptionnel. Les imposants vestiges de l’abbaye, à l’histoire tourmentée depuis le XIIIème siècle, font de ce bourg une halte privilégiée sur le chemin de Compostelle.” Le site web de la commune résume parfaitement ce que l’on ressent en foulant ses ruelles. Les férus d’Histoire et d’architecture se régaleront en découvrant le fameux prieuré, ainsi que son église.

Vous pourrez terminer votre découverte de cette région du Lot encore peu touristique par la ville de Figeac, lieu d’art et d’Histoire, ville natale de Champollion (dont vous pourrez explorer le Musée des Écritures du Monde).

Quelques infos pour bien préparer votre séjour dans le Lot :

Marchés de plein vent en saison estivale :
Cabrerets : Vendredi matin
Saint-Cirq-Lapopie : Mercredi 16h/20h
Tour-de-Faure : Mardi matin

En Bref :

Comme toujours sur TDM, on vous propose de sortir des sentiers battus, et pour cette année 2020 de découvrir des endroits moins touristiques mais avec autant de charme et de choses à voir et à faire… tout en restant en France !

A propos de l'auteur

Cet article a été proposé par Chloé Decruy, 35 ans

Dilettante, rêveuse et grande amoureuse. Lorsque je découvre le bonheur d'aller voir ailleurs cela devient alors une composante essentielle d'un équilibre de vie épanouie. Après un premier voyage d'un an et demi en Amérique du Sud en mode "exploratrice" qui marque définitivement ma vision du monde, je tente un retour à la normale dans un univers qui me semble désormais étriqué. Mais le voyage me rattrape et pour le réinvestir, je me reforme en tant qu'agent de voyage. Pas de boulot et le deuil de mon père à faire (lui qui faisait voyager mon imaginaire), m'amène à tout envoyer balader pour un "voyage thérapie" de 7 mois en Asie. Le continent du zen me séduit et me reconstruit. De retour dans une France qui a beaucoup à faire depuis quelques temps, je me suis lancé un nouveau voyage : celui d'être parent et de faire découvrir à mon bout d'chou une Terre qui a encore plein d'histoires à raconter !
Chloé Decruy, 21 voyages et 20 pays au compteur, a signé 17 articles sur TDM.
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